Watching Challenge | Poulpe, Ogre, Jedi et Requin

C’est parti pour un nouveau compte rendu du Watching Challenge que je fais actuellement avec Hauntya, et dont vous pouvez trouver les règles ici. Pour des raisons évidentes, le mois de décembre a été plutôt chargé et ne m’a pas permis de regarder beaucoup la télévision ; mais essayons de faire pour le mieux, avec, comme vous pouvez le constater, beaucoup de films d’animation…

Un film lié à la mer | Le monde de Dory (2016)

J’avais vu Le Monde de Nemo au cinéma, à l’époque, et j’en gardais un si bon souvenir que j’ai mis assez longtemps à voir sa suite, sortie il y a maintenant deux ans. Et pourtant, celle-ci fut une très bonne surprise, que je me suis permis de revoir, ce mois-ci, et pas seulement pour le challenge !
L’intrigue se focalise désormais sur le personnage de Dory, dont chacun connaît les troubles de la mémoire immédiate. Or, si cela n’était qu’un ressort comique, dans le premier opus, il s’agit désormais d’un thème majeur du film, qui permet de lui fournir plusieurs sens de lecture. Le monde de Dory est loin d’être simplement un film lié au milieu marin, ou destiné aux enfants. Il s’agit d’une vraie quête personnelle, à défaut de pouvoir dire initiatique, et qui aura bien des échos chez un public plus mature. Bien que le film d’animation ne manque pas de rebondissements et d’humour, je trouve qu’il s’en dégage une réflexion très profonde, voire mélancolique, si on y regarde de plus près. On réalise que sous la facette comique de ce personnage, il y a une vraie souffrance liée à son handicap, et que celle-ci à failli la séparer de sa famille, comme de ses amis. Malgré tout, Dory reste déterminée et arrive à atteindre ses objectifs. Dite ainsi, cette morale peut paraître un peu mièvre et stéréotypée, mais il n’en est rien. Le film est assez subtile pour apporter ces principes aux enfants, de façon implicite. Et c’est sans doute cela qui fonctionne le mieux.
Le monde de Dory est un film très réussi, tant au niveau de son scénario que de ses graphismes. Il permet en outre de découvrir de nouveaux personnages, dont un que j’aime plus que tout : Hank, le poulpe acariâtre et solitaire qui dissimule non pas un cœur, mais trois !

Un film qui vous fait beaucoup rire | Shrek (2001)

Shrek fait également partie des sagas qui ont marqué ma jeunesse. Entre Pixar et Dreamworks, mon cœur balance, même s’il faut reconnaître que le second va toujours davantage dans la caricature et le loufoque. C’est exactement le cas de Shrek, qui revisite bien des contes pour enfants, afin d’en proposer une vision délurée, souvent hilarante, mais qui ne manque pas de réflexion.
Shrek est un film assez court, mais pourtant très efficace. Les différentes étapes des contes traditionnels sont reprises, sans que l’intrigue ne devienne ennuyante. Le film parvient toujours à prendre le spectateur au dépourvu, à grands coups d’éléments parodiques voire gentiment satiriques. Les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont hauts en couleurs, et échangent des dialogues souvent savoureux, dont l’humour fait mouche, chez moi. Il faut ajouter que même s’il commence à vieillir, le film reste beau visuellement, et surtout très rythmé, notamment grâce à une bande originale entraînante.
Bref, je crois que je ne ferai que prêcher des convaincus, en continuant à expliquer que Shrek, c’est rigolo… !

Un film mettant en scène un face à face | Star Wars : les derniers jedi (2017)

J’ai déjà longuement parlé de Star Wars, Épisode 8, dans une critique précédente, mais je tiens à revenir dessus. Bien que j’ai tenté de rester neutre dans ma première critique, je la trouve assez sévère avec le recul. Il ne faut pas douter que j’avais placé de grands espoirs en ce film, et que la déception de ne pas y trouver certaines réponses, ou certaines scènes, m’a influencé. Il était clair que je comptais aller le revoir, et il s’avère que la deuxième vision du film s’est révélée être… plus agréable. En quelques mots, je savais désormais à quoi m’attendre, et j’ai pu pleinement profiter des bonnes initiatives du film, tout en cherchant en quoi d’autres aspects me gênaient autant. Je peux affirmer que cet opus est un excellent divertissement, sans pour autant renier tout ce que j’ai dit, ni crier au chef-d’œuvre. Je maintiens que certaines facilités scénaristiques, certains éléments de mise en scène, ou certaines absences de réponses, ne peuvent que faire grincer des dents. Néanmoins, avec une deuxième lecture, les différents messages transmis par le film deviennent un peu plus limpides.
Rompre avec le passé, voire « tuer » le passé, pour s’affirmer et lancer une nouvelle page d’histoire, est un sujet très à la mode, actuellement, dans la fiction. C’est un peu abrupt dans ce Star Wars, mais force est de constater que le message tient la route, tout au long du film. D’une part, Kylo Ren, suite au décès de son père et aux injures de son maître, détruit son masque, et est prêt à tout pour faire table rase des conflits qui perturbent la galaxie depuis des décennies. D’une autre part, Rey réalise qu’elle ne peut rien apprendre auprès de Luke, du moins pas directement, et qu’elle ne doit pas non plus continuer à attendre désespérément le retour de ses parents, pour devenir une femme, un jedi. J’avais trouvé l’intrigue autour de la résistance un peu brouillonne, mais on réalise que, une fois encore, il y a une rupture entre les plus jeunes et les dirigeants. La hiérarchie se braque face à une jeunesse fougueuse, au point de cacher des éléments clés à Poe, tandis que celui-ci n’en fait qu’à sa tête, au risque de lancer une mission inutile. Le message est assez audacieux et pertinent, mais malheureusement, on ne sait pas ce qu’il veut enseigner en définitive. On comprend bien que la jeunesse peut se tromper (l’échec de la mission de Finn), et que les maîtres peuvent tomber de leur piédestal, mais il est dangereux de lancer un tel message sans voir sur quoi il aboutit. Le problème, bien naturel, est que Star Wars, épisode 8, n’est que l’épisode intermédiaire d’une trilogie. Par conséquent, j’attends vraiment de découvrir comment vont évoluer les différents protagonistes, par la suite.
Quoiqu’il en soit, il serait difficile de trouver un meilleur film illustrant un face à face : le côté lumineux contre le côté obscur, la jeunesse contre l’expérience… D’ailleurs, ce face à face devient concret dans le dernier fragment du film, qui m’a quand même donné pas mal de frissons. J’adore les personnages de Luke Skywalker et Kylo Ren, et rien que pour leurs apparitions, cet épisode de Star Wars est incontournable.

Un film qui a marqué votre enfance ou votre adolescence | Gang de requins (2004)

Concluons cet article avec un troisième film d’animation, signé par Dreamworks, cette fois-ci. Je sais que, à une époque, j’ai beaucoup regardé Gang de requins. Ce n’est pas aussi comique que Shrek, ni aussi subtile que Le monde de Dory, mais le film a le mérite de mettre en scène des personnages attachants, dont les péripéties sont entraînantes et assez drôles. Le film est ponctué de clins d’œil au monde du cinéma, aux films de mafia, et possède d’ailleurs un casting de luxe. Parmi les voix originales, on retrouve Will Smith, Jack Black, Angelina Jolie, Martin Scorsese, et surtout Robert de Niro ! Je ne l’avais pas vu depuis des années, et ça a été un réel plaisir de le redécouvrir, d’autant que j’y ai perçu bien plus de sens de lecture différents.
A priori, le requin Lenny est rejeté par les siens parce qu’il déteste manger du poisson, ou se conduire comme un dur . Il est aisé de comprendre que le film aborde les thèmes du rejet de la différence, puis de la recherche de la tolérance. Il est plus audacieux de considérer que Gang de requins est un de ces films qui parlent d’homosexualité de façon très implicite et par conséquent intéressante. On sait que les studios cherchent à représenter de plus en plus les personnages LGBT dans leurs œuvres, soit par réelle conviction, soit simplement pour remplir des quotas. Malheureusement, ce fameux remplissage de quotas a tendance à être contre-productif auprès des personnes qui ont un problème avec des personnages qui ne rentrent pas dans les cases. Et de toute façon, il faut l’avouer, certains personnages sont caricaturaux et apportent plus de mal que de bien. Il est donc parfois plus sage, et plus intelligent, d’aborder certaines thématiques de façon implicite, sans imposer de sens de lecture, mais en proposant néanmoins des morales qui peuvent être utiles aux spectateurs, jeunes comme moins jeunes.
Je ne m’attarderai pas plus longtemps sur cette problématique, qui mériterait un article à elle seule, mais il était quoiqu’il en soit très intéressant de se replonger dans cet univers, avec un regard différent.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. hauntya dit :

    De beaux revisionnages pour ce mois-ci ! Et ça fait du bien de se replonger vers les films déjà vus, avec un petit côté nostalgique qui convient parfaitement à cette période… Pour Star Wars, on dirait que la 2e vision permet nettement mieux d’apprécier le film (comme la Belle et la Bête avec Cassel et Seydoux d’ailleurs), ce qui n’est pas un mal ! Je ne connais Bande de requins que de nom, mais c’est super de voir qu’il abordait des sujets un peu difficiles de façon aussi implicite, déjà en 2004, et visiblement cette fois avec conviction. Je t’ai dit le bien que je pensais du Monde de Dory, aussi drôle que touchant et même déprimant par moments. Et je n’ai dû voir Shrek qu’une seule fois, peut-être même pas en entier d’ailleurs. C’est un nouveau mois du Watching Challenge bien rempli !

    Aimé par 1 personne

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