The Greatest Showman | Le spectacle à son apogée

A une époque où l’on n’est jamais certain de sortir du cinéma, content ; The Greatest Showman sort du lot et se révèle être un véritable coup de cœur. Cette comédie musicale, inspirée d’une histoire vraie, revisite la création du cirque de Phineas Barnum, à la fin du dix-neuvième siècle. Voguant entre succès et scandales, notamment à cause de son « freak show », Barnum deviendra une figure emblématique du monde du spectacle.

J’ignore si l’histoire contée par le film est fidèle à ce qu’il s’est vraiment passé, mais à dire vrai, cela m’importe peu. Le rythme de cette comédie musicale est si vif qu’on a parfois l’impression d’assister à une vision très imagée, voire métaphorique de l’existence. Je doute sincèrement que l’objectif de The Greatest Showman ait été d’apporter une vision historique rigoureuse. Fait assez rare pour le souligner, cette comédie musicale a été conçue spécialement pour le grand écran.

Je ne doute pas que le film ne séduira pas tout le monde, surtout en France, pour la simple raison qu’il s’agit d’une comédie musicale, et peut-être même d’un feel-good movie. Très honnêtement, je suis allé le voir sans attente particulière et la surprise n’en a été que meilleure. Le rythme est effréné, sans que cela ne nuise au développement des personnages, et on ne voit pas le temps passer.

1. « The Greatest Show »

Il faut souligner l’efficacité de l’ensemble des chansons qui sont à la fois utiles à l’intrigue, et très plaisantes à écouter. Il y a beaucoup de comédies musicales que j’adore, dont l’écoute des chansons, en dehors du film, peut s’avérer moins agréable. The Greatest Showman n’en fait pas partie dans la mesure où la plupart des chansons marquent l’esprit et se réécoutent très facilement, après le film.

Il faut avouer que le casting, à la fois jouant et chantant, est taillé sur mesure. Hugh Jackman est particulièrement à l’aise dans ce rôle, alors que je l’avais senti plus en difficulté dans Les Misérables. Il est naturellement plaisant de pouvoir davantage apprécier les prouesses vocales d’un acteur dont je suis la filmographie avec un intérêt croissant. Il incarne Barnum avec une grande justesse, et non sans émotion ; si bien qu’il est difficile de dire si le personnage est quelque peu ingénu, ou bien très opportuniste (allant même se frayer un chemin jusqu’à l’univers de l’opéra).

2. « This is Me »

Le spectateur suit la carrière de Barnum, qui est l’un des premiers à avoir mis en avant les « freak shows », déclenchant les foudres de bien des spectateurs et journalistes. Mais comme il le dit si bien, aucune publicité n’est mauvaise, et le cirque Barnum devient rapidement incontournable. Il va de soi que l’intervention de personnages atypiques, comme la femme à barbe, l’homme-chien, les acrobates, etc apporte une touche bien particulière au film. J’ai un faible pour les œuvres qui prennent appui dans ce genre de contextes, à l’instar de Love Never Dies, American Horror Story : Freak Shows, et sans doute d’autres. Même si la présence des freak shows était sans doute condamnable à l’époque, il va de soi que le regard que l’on porte sur eux, de nos jours, est radicalement différent. The Greatest Showman exploite cette thématique pour dénoncer les préjugés et les discriminations. Certains y verront une vision assez clichée de la société, mais je crois qu’on peut difficilement reprocher à un film d’encenser la différence et la tolérance. De plus, même si les freak shows ne sont plus un problème très répandu, de nos jours ; il est aisé d’assimiler les souffrances de ces personnages aux problématiques actuelles. La femme à barbe ne correspond pas aux stéréotypes de genres et est moquée pour cela. Carlyle, l’associé de Barnum, n’a pas l’approbation de ses proches pour sortir avec la personne qu’il aime, et ainsi de suite.

3. « Never Enough »

Malgré tout, la différence n’est qu’une thématique parmi d’autres, effleurées par The Greatest Showman. Nous sommes les spectateurs de l’ambition d’un homme qui n’a aucune limite, peut-être plus pour avoir sa revanche sur une société qui ne lui a fait aucun cadeau, plutôt que par simple cupidité. Et naturellement, à force de vouloir trop approcher du soleil, cet Icare moderne se brûle les ailes, ce qui l’incite à se demander ce qui compte réellement, dans une existence.

Je maintiens que The Greatest Showman n’a d’autre ambition que de proposer des scènes à l’esthétisme réussi, et au son entraînant, dans l’optique de divertir le spectateur. Mais il excelle véritablement dans ce qu’il convoite, et cela le fait vraiment sortir du lot. Barnum a longtemps été critiqué parce qu’il ne faisait pas des spectacles très sérieux, ni décents, mais celui-ci maintenait qu’il voulait ni plus ni moins rendre les spectateurs heureux. Le long-métrage honore cette volonté, tout simplement.

RYTHME  : 2/3
GRAPHISMES : 3/4
IMMERSION : 3/4
SCENARIO : 3/4
CASTING  : 3/4
MUSIQUE : 1/1

NOTE FINALE : 15/20

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8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. hauntya dit :

    Eh bien, tu vois, j’avais été tentée par ce film, et j’avais un peu reculé en voyant des critiques mitigées…j’avais presque oublié que la presse française n’aimait pas les comédies musicales. Ta critique donne très envie, donc j’irai le voir dès que possible ;) et les films qui sont tellement spectaculaires (dans tous les sens du terme) au point de faire rêver le spectateur en salle sont devenus très rares. Ça ne donne qu’encore plus l’envie d’aller voir The Greatest Showman !

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    1. F. de l'O. dit :

      Les comédies musicales ne sont pas comprises en France, et sans parler de critiques de mauvaise foi, le film n’est sans doute pas vu avec le regard adéquat. Après, je ne m’attendais à rien, c’est pourquoi la surprise a été excellente.

      Aimé par 1 personne

      1. hauntya dit :

        Un jour, ce regard changera peut-être…

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  2. tinalakiller dit :

    J’ai pas du tout aimé ce film… j’ai trouvé le scénario trop bâclé, trop Bisounours, parfois incohérent. Et les chansons trop anachroniques dans le contexte du film (mais BO parfois sympa à côté hors du film).

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  3. hauntya dit :

    Que redire si ce n’est un grand merci pour cette découverte ? Le côté spectaculaire, musical, visuel, feel-good, tout est là. Un sacré moment de rêve ^_^

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    1. F. de l'O. dit :

      Que veux-tu, j’aime défendre les mal-aimés… Iron Fist, The Greatest Showman, etc. J’espère que les deux t’ont vraiment plu, du coup. Merci pour ton commentaire.

      Aimé par 1 personne

      1. hauntya dit :

        Je confirme, les deux m’auront vraiment plu !

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