Watching Challenge | Lapin, Souffrance, Fatalité et Professeur

J’ai pris un peu de retard, ce mois-ci, mais voici le compte rendu du Watching Challenge, mentionnant les films vus en janvier. Pour rappel, je poursuis ce défi en compagnie de Hauntya, et vous pouvez en (re)lire les règles, ici. Ce mois-ci, je vous réserve de très très bons films.

Un film avec un lapin | Zootopie (2016)

Zootopie est un film d’animation produit par Disney, qui prouve que le studio a encore beaucoup de ressources. Outre une maîtrise technique évidente, le scénario se révèle être très abouti, dans la mesure où il est à la fois drôle et porteur de réflexions. Naturellement, la morale peut paraître candide, mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un film pour enfants, et je crois que certaines leçons méritent d’être répétées, d’autant que c’est fait, ici, avec plus de finesse qu’on ne pourrait le croire.
L’intrigue suit les aventures de Judy Hopps, une lapine pleine de bonne volonté qui est prête à tout pour devenir une policière digne de ce nom, même si personne ne croit en elle, à cause de ses origines. Les circonstances voudront qu’elle s’associe à un renard roublard du nom de Nick Wilde, afin de déjouer un complot plus sordide qu’il n’y paraît. Le film permet alors de se questionner véritablement sur les préjugés et les discriminations qui peuvent nuire à une société, qui n’est finalement pas aussi utopique qu’il n’y paraît. L’une des questions majeures est de se demander si, en faisant des efforts, l’on peut vraiment devenir qui l’on souhaite ; ou si on ne garde finalement pas toujours la marque de ses origines, ou de son passé, en soi.
J’ai naturellement choisi Zootopie pour le Watching Challenge car il met en scène un lapin, qui n’est pas anecdotique, mais qui est l’un des personnages principaux du film. Il est d’autant plus plaisant de le voir en action qu’il ressemble étrangement au mien, d’ailleurs.

Un film dont l’un des personnages principaux est atteint d’un handicap physique ou mental | L’éveil (1990)

Ce n’est pas la première fois que je vois L’éveil. Je l’avais vu il y a des années, et cela m’avait incité à me plonger avec assiduité dans la filmographie de Robert De Niro. Au vu du sujet qu’il traite, et dans la mesure où le film est inspiré d’une histoire vraie, on peut aisément imaginer qu’il s’agit d’un visionnage fort, même s’il m’a moins marqué qu’étant gosse.
Le film retrace l’histoire du docteur Malcolm Sayer, (interprété par Robin Williams), qui trouve un emploi dans un centre pour soins mentaux, et se retrouve confronté à des patients qui sont dans un état végétatif depuis des années. Alors que le cas semble désespéré, aux yeux de tous, Sayer va parvenir à stimuler le cerveau de ses patients, de façon à les sortir de leur étrange coma. Robert De Niro incarne l’un d’entre eux, nommé Léonard Lowe.
Bien qu’il soit ponctué d’humour, grâce à certaines interventions de Robin Williams, le film demeure plutôt dramatique, dans la mesure où ces patients doivent faire le deuil de décennies de vie perdues. Le drame est d’autant plus présent que la solution de Sayer est éphémère, et que leur état finit par se dégrader de nouveau.
Très honnêtement, je trouve que L’éveil a vieilli et qu’il lui manque un je ne sais quoi qui en ferait un « grand » film. Au reste, il demeure très intéressant et marquant, d’autant qu’il possède un casting prestigieux.

Un film avec une twist ending | Mystic River (2003)

Ah, Mystic River est l’un de mes films favoris, et étonnamment, je ne l’avais pas vu depuis très longtemps. Dans ce film réalisé par Clint Eastwood, trois amis d’enfance se perdent de vue, adultes, mais sont reliés par un secret sordide. Alors qu’ils jouaient ensemble, l’un d’eux a été enlevé par des hommes mal intentionnés, puis abusé par eux, avant de parvenir à s’échapper. Adulte, Dave est parvenu à refaire sa vie, tandis que Sean est devenu flic, et que Jimmy s’est rangé, suite à un passé criminel. C’est alors que la fille de Jimmy est sauvagement assassinée. Ce meurtre soudain incitera les trois anciens amis à se retrouver, alors que le passé plane plus sur eux qu’on ne pourrait le présager.
Bien que le long-métrage soit un thriller, il a aussi tout du drame familial/amical, accentué par la fatalité. En somme, il s’agit d’une histoire comme je les aime, entre des amitiés rompues ou ambiguës, des bonds dans le temps, et un scénario vraiment surprenant. Il faut avouer que le film doit énormément à sa mise en scène ainsi qu’à son casting sans fausse note.
Kevin Bacon propose sans doute la prestation la plus neutre, mais cela convient à ce rôle de flic qui cherche à démêler le vrai du faux, avec professionnalisme. Toute la fatalité gravite autour du fait que Dave est accusé du meurtre de la fille de Jimmy, et il faut avouer que Tim Robbins propose une prestation très perturbante, dans le bon sens du terme. Tout en restant très sobre, il parvient à rendre son personnage, tantôt fragile, tantôt dérangeant, et donc particulièrement difficile à cerner. Pour finir, Sean Penn détient le rôle le plus flamboyant en incarnant Jimmy ; et sa prestation est vraiment poignante. On ressent la déchirure d’un père endeuillé, et en même temps l’ombre d’un ancien criminel qui se déploie de nouveau, en criant vengeance.
Bref, Mystic River est incontournable, même si, comme tous les films qui ont un dénouement étonnant, il est moins impressionnant à partir de la deuxième fois qu’on le visionne.

Un film dont le personnage a le même métier que vous | Les choristes (2004)

J’ai parlé des Choristes très récemment, dans la mesure où je viens d’en voir l’adaptation en comédie musicale, à Paris. Revoir le film était naturellement tentant, et c’est avec nostalgie que l’on se replonge dans cette France des années 40, où un directeur d’internat mène la vie dure à des enfants difficiles, (à moins que ça ne soit l’inverse). Et pourtant, Clément Mathieu, un musicien qui ne s’est jamais fait connaître, arrive et change radicalement l’ambiance à l’intérieur du pensionnat, en y apportant sa musique.
Les Choristes est un film français brillamment réussi, partagé entre la tendresse et une certaine âpreté. Si le film est connu pour ses chansons interprétées par des enfants talentueux, il me parle davantage pour le message qu’il porte au sujet de l’éducation. En tant que professeur, je suis d’autant plus sensible à la sévérité presque cruelle de Rachin (François Berléand), et la bienveillance accrue de Mathieu (Gérard Jugnot). J’adore l’opposition entre ces deux personnages, qui incarnent des valeurs très différentes, sans que le film ne devienne complètement moraliste. Il va de soi que les méthodes de Rachin sont condamnables, et d’ailleurs, il en paie le prix cher. Mais le long-métrage à un fin douce-amère, pour Mathieu lui-même, qui s’est finalement dévoué aux enfants, au risque de contourner les règles. Malgré cela, Les Choristes est une histoire porteuse d’espoir, et qui fait aussi beaucoup sourire, surtout quand on est dans le milieu.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. hauntya dit :

    Tu as pu faire pas mal de redécouvertes ce mois-ci ! Une fois n’est pas coutume (enfin, si), je n’ai jamais entendu parler de L’éveil, et si je connais le titre de Mystic River, je ne l’ai jamais vu, bien que l’affiche du film m’ait quelque peu intriguée. Bien qu’ils soient de genre très différents, ils me semblent bien intéressants, ambigu surtout pour Mystic River, mais l’Eveil semble aussi avoir tout son charme. Et puis le casting n’est pas en reste, au vu des noms ! J’ai bien aimé Zootopie, et ça faisait du bien de se replonger dans un Disney, empli d’humour, de réflexions et de personnages attachants. Et tu sais déjà mon avis sur les Choristes !

    Aimé par 1 personne

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