[06/2018] Qu’est-ce qu’on regarde ?

« Pas ça. »

Alex Strangelove (2018)

J’aurais dû me méfier de ce teen-movie, même s’il aborde des questions LGBT. C’est l’histoire d’Alex, un adolescent qui a une copine, mais qui va finir par comprendre qu’il est homosexuel. La forme tente d’être originale et accrocheuse, mais est rapidement imbuvable. Les situations dites comiques tombent très rapidement à plat, et surtout, le sujet est traité de façon assez superficielle, en dehors d’une pair de scènes plus réussies. Cela amène des situations et des dialogues qui desservent plus la cause qu’autre chose. Par exemple, Alex comprend qu’il est gay parce qu’il est toujours puceau, à son âge, et traite littéralement sa copine comme une serpillière. Ne parlons pas des clichés lourdingues sur les adolescents, ou sur le sujet même. Même si c’était sans doute à prendre au second degré, j’ai été exaspéré par la réplique d’un des ados qui pense qu’on ne pourra plus trouver d’hétéros cisgenres, dans la nature, d’ici peu. Bref, même si Alex Strangelove partait de bonnes intentions, il est extrêmement maladroit et surtout, n’apporte pas grand chose en terme de cinéma. Ou peut-être ai-je définitivement passé l’âge pour ce genre de « comédies ».

Le merveilleux voyage de Nils au pays des oies (2014)

On est parfois amené à regarder des choses insolites, quand on est professeur. Le merveilleux voyage de Nils est un conte suédois, que j’ai découvert cette année, et dont j’ai regardé l’adaptation cinématographique qui date de quatre ans. J’ignore si l’intrigue est totalement fidèle au conte original, mais on en retrouve le fil rouge. Les effets spéciaux, quant à eux, sont déjà dépassés, il faut le reconnaître. A vrai dire, le film se laisse regarder, mais il est vraiment destiné aux enfants en bas âge.

Fourmiz (1998)

Il s’agit d’un film d’animation que je n’avais quasiment jamais vu. Et je dois dire qu’il m’a pas mal déçu. Comme son nom l’indique, le film se situe dans une fourmilière, où une fourmi tente d’échapper à sa condition monotone d’ouvrière. Le film est un peu plus « mature » et ironique que je l’imaginais, mais c’est, à mon sens, au détriment de l’humour. Je n’ai pas trouvé les personnages très attachants et j’ai très tôt fait de m’ennuyer.

« Sur un malentendu, ça peut marcher. »

Evil Dead 3 (1992)

Je le confesse, Evid Dead 3 est de ces films que je regardais beaucoup, enfant, mais qui finit par nous faire rougir, des années plus tard. Naturellement, ce film est volontairement du grand n’importe quoi, et certaines scènes me marqueront toujours, en terme d’humour ou de « gore ». Mais il faut reconnaître que le scénario, les personnages sont vides, et que surtout, certaines scènes sont complètement obsolètes de nos jours. (Ash se prend une gifle et traduit cela comme une invitation à s’envoyer en l’air avec son love interest).

Repo ! The genetic opera (2008)

Je ne connaissais pas du tout cet opéra, mais on me l’a prêté et j’ai eu l’occasion de le découvrir. L’intrigue se déroule dans un univers noir et dystopique, où le trafic d’organes est à son paroxysme. Je ne peux pas dire que j’ai été captivé ou ai aimé à fond, mais je lui ai trouvé des qualités indiscutables. Il s’agit de ces films qui ont vraiment une ambiance unique, tant au niveau de la façon dont c’est raconté, que de la mise en scène. Forcément, on rentre dans ce délire-là, ou pas du tout, mais il en résulte des choses tantôt gênantes, tantôt intéressantes, mais quoiqu’il en soit originales. D’ailleurs, original, le casting l’est aussi.

Le crime de l’orient express (2017)

Voilà une histoire que je ne connaissais pas, et il fallait rectifier ceci. C’est toujours avec joie que l’on retrouve un tel casting, mené par un Kenneth Branagh fidèle à lui-même. De plus, l’intrigue n’est pas en reste. J’aime particulièrement les histoires de huis-clos, avec une chute à la fin. Malheureusement, il a manqué un je ne sais quoi, qui m’a empêché de rentrer dans le film et de me sentir concerné. Par conséquent, je n’en garde pas un souvenir impérissable.

« Vous ne le regretterez pas ! »

Hot Fuzz (2007)

Tout comme Shaun of the dead, Hot Fuzz est une comédie avec le duo anglais Nick Frost/Simon Pegg. Je préfère la parodie de l’univers de zombies, sans aucun doute, mais j’ai tout de même apprécié cette parodie de films de flics. Évidemment, on retrouve un duo improbable, composé d’un policier rigide et prêt à tout pour faire son devoir, ainsi que d’un flic paumé et qui n’est pas toujours compétent. Il est appréciable que le film ne soit pas qu’un prétexte pour lancer des vannes et des clichés, inlassablement, mais que l’intrigue reste bien ficelée. Certaines plaisanteries m’ont moins convaincu que d’autres, mais dans l’ensemble, Hot Fuzz reste plaisant.

Le monde de Narnia : le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique (2005)

Je n’avais pas vu Le monde des Narnia, depuis des années ! Je n’ai jamais été spécialement fan de cet univers, et encore aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de trouver l’histoire, comme les personnages, assez simplistes. Outre cela, il faut reconnaître que les effets spéciaux et les musiques étaient vraiment très soignés : certaines créatures sont très belles visuellement.

Million Dollar Baby (2004)

Million Dollar Baby est un drame de et avec Clint Eastwood. Il conte l’histoire d’une boxeuse, Maggie (Hilary Swank) qui persuade un vieil entraîneur aigri – Frankie – de la prendre sous son aile. Même si les débuts sont laborieux, les deux personnages se complètent assez, et apportent l’un à l’autre ce qui leur a toujours manqué. Notamment au niveau familial. Malheureusement, tout bascule lorsqu’un combat de boxe tourne mal, et que Maggie se retrouve paralysée. Le film n’est pas particulièrement joyeux, on s’en doute ; toutefois, il est réalisé avec une sobriété et une justesse qui le rendent marquant.

L’œuvre de Dieu, la part du Diable (1999)

Homer a grandi dans un orphelinat, où le docteur Larch est devenu un père de substitution pour lui. Ce dernier pratique des avortements, à une époque où ceci est encore mal vu par une bonne partie de la société. Il rêve que Homer reste auprès de lui et prenne la relève un jour. Mais Homer a d’autres projets en tête. J’ai beaucoup aimé ce film qui traite un sujet peu banal, et qui peut se targuer d’avoir des personnages et des moments très marquants, même si j’ai moins été convaincu par la prestation de Tobey Maguire. En revanche, Michael Caine est très touchant en père adoptif possessif, et certains thèmes abordés sont très durs. A voir.

American Beauty (1999)

American Beauty était l’un de mes classiques, même si je ne l’aime plus autant qu’avant. La lassitude et l’expérience sans doute. Lester (Kevin Spacey) est un père de famille aigri, qui déteste son travail et n’est respecté ni par sa femme, ni par sa fille. Néanmoins, il va se réveiller de sa léthargie et décider de reprendre sa vie en mains. Ne vous attendez pas à un feel-good movie, car Lester fait tout de travers, et fait probablement plus de mal que de bien, dans sa quête désespérée d’arranger les choses. American Beauty, sous son ton faussement bon-enfant, est une critique assez réaliste et dure de la déchéance du rêve américain, ou de l’indifférence cruelle qui peut s’installer au sein d’un foyer. Les personnages sont parfois (volontairement) irritables, mais on sent combien ils peinent à sortir la tête de l’eau. En outre, American Beauty propose une critique efficace de l’homophobie.

« C’est incontournable. »

Rain Man (1988)

Rain Man est un film culte que j’ai vu un nombre considérable de fois. A la mort de son père, Charlie (Tom Cruise) apprend qu’il a un frère aîné, Raymond (Dustin Hoffman). On lui a toujours caché celui-ci car Raymond est un autiste savant. A tort ou à raison, les deux frères vont s’engager dans un road trip, où ils vont tisser des liens improbables. Mais il est difficile de savoir si l’affection est réciproque, avec Raymond. Le film a probablement un peu vieilli, en terme de rythme. Cela ne l’empêche pas d’être touchant, notamment grâce à la prestation énorme de ses comédiens.

Ça (2017)

Il s’agit de l’adaptation tant attendue d’un roman de Stephen King, que j’adore. Personne n’ignore l’existence de ce clown qui se plaît à terroriser les enfants, pour mieux les dévorer. Mais à vrai dire, l’histoire et les personnages sont nettement plus profonds voire intellectuels que cela. Et d’ailleurs, King se plaît davantage à condamner la monstruosité des adultes, ce qui est effleuré dans le film. J’aime beaucoup cette adaptation qui a plus pour ambition d’apporter de la beauté au macabre, que de faire peur. La prestation de Bill Skarsgard est phénoménal et je me réjouis de voir la suite, car cette adaptation péchait peut-être au niveau de son aspect linéaire. Seule la première époque, dans laquelle les personnages sont enfants, est représentée.

Gladiator (2000)

Gladiator est un autre classique dont il est difficile de se lasser. J’adorais Britannicus, de Racine, et cette histoire s’en approche indiscutablement, entre un combat presque fratricide, et de vraies déchirures, au nom d’une femme ou d’un empire. En terme de réalisation, de montage, de musique et de traitement des personnages, Gladiator est une réussite. J’ai toujours adoré la confrontation entre Russell Crowe et Joaquin Phoenix. Commode est l’un des antagonistes les plus marquants du grand écran, et il est difficile de ne pas être ému, par cette épopée.

Harry Potter 1-8 (2001-2011)

Vous n’ignorez sans doute pas que je relis les romans Harry Potter, mais j’ai commencé par me faire un marathon des films, qui ont beaucoup marqué mon enfance. Je me souviens avoir vu les deux premier opus un nombre incalculable de fois. Il faut dire qu’il sont très fidèles et peuvent se targuer de rassembler un casting britannique prestigieux. (Avec une mention spéciale pour Gilderoy Lockhart !) Personnellement, le troisième film est l’un de mes préférés, ne serait-ce que parce que j’ai une grande affection pour le roman. Mais surtout, j’ai trouvé qu’il se détachait remarquablement des autres, en terme de narration et de mise en scène. Alfonzo Cuaron est un réalisateur mexicain et il a apporté une touche délurée et hispanique qui convient fort bien à l’univers. De toute façon, j’adore l’histoire des maraudeurs, même si elle est sous-exploitée dans le film. Je commençais à avoir moins d’affection pour les films à partir du quatrième opus. Il est vrai que le roman est un pavé et que énormément de choses sont coupées. Toutefois, avec le recul, ce film reste d’excellente facture. La scène du retour de Voldemort est frappante. Ce que je peux reprocher, c’est que la direction des acteurs est loin d’être idéale. Hermione a toujours l’air d’être au bord des larmes, Dumbledore est tout à coup survolté, et Bartie Croupton Junior a l’air d’un mauvais méchant de cartoon, pour ne citer que cela. Les cinquième et sixième opus ne sont pas extraordinaires non plus. Cela dit, ils restent extrêmement prenants et parfois beau visuellement. Notons que la bande originale d’Harry Potter a le don de se renouveler de façon merveilleuse. Néanmoins, pas mal de personnages deviennent très secondaires et on sacrifie des scènes qui auraient du être fortes émotionnellement, pour des passages uniquement destinés à faire plaisir aux adolescents. Les scènes d’amourettes sont en vérité assez gênantes. Et je ne sais pas pourquoi on s’est mis à résumer pas mal de duels de sorciers en ballets de fumées noires ou blanches. En revanche, j’ai énormément d’affection pour les Reliques de la Mort, qui a été fait en deux parties, afin d’éviter des coupures nuisibles. J’adore particulièrement la dernière partie, où les scènes émouvantes ont autant leur place que les scènes d’action. Le dernier acte est mémorable, entre la bataille à Poudlard et le dénouement de l’histoire. (Et je ne parle pas de l’épilogue).

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4 commentaires

  1. Avec les romans ou fils ados sur les questions LGBT, c’est bien traité ou pas vraiment bien. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’entre-deux. J’avais pas du tout entendu parler d’Alex Strangelove, mais visiblement c’est pas vraiment une perte. Surtout vu le niveau de réflexion du film. Trop de second degré tue le second degré : j’ai croisé ça dans un bouquin récemment aussi. Et ce n’est pas qu’il y a un âge, c’est que certains trucs peuvent être très bien amenés et rester drôles pour tous les âges, et certains non. Je ne connais pas non plus Le merveilleux voyage de Nils au pays des oies, mais c’est toujours sympa de voir des contes d’autres pays, qu’on ne connaît pas du tout.

    Rien à redire, en dépit du 3, je reverrai les Evil Dead 1 et 2 avec grand plaisir, au risque de les trouver aussi empreints de mauvaises scènes que le 3e. Ils vieillissent mal, aussi. red Je vois que Repo ! t’a aussi laissé une drôle d’impression, mais bon, c’est un film unique et qu’on ne peut vraiment apprécier qu’en acceptant le délire, c’est certain. Mais il se démarque. Quant au Crime de l’Orient-Express, je l’avais beaucoup aimé au cinéma, mais il est certain qu’il manque un peu d’âme pour être totalement captivant.

    De Narnia, je me souviens avec émotion de la berceuse jouée par le petit faune : cette scène était magique à mes yeux, enfant. Un petit moment de rêve. Dans le livre, les personnages sont aussi assez simplistes (à part éventuellement Edmund) et sont conséquences de la vision assez rigide de l’auteur. Susan n’a plus le droit de revenir à Narnia, ado, car elle est intéressée par les garçons et le maquillage, par exemple. Mis à part ça, ça reste quand même un univers dans lequel on a grand plaisir à embarquer.
    Et tu viens de me rappeler que j’ai vu Million Dollar Baby au cinéma, quand il était sorti, et qu’il m’avait bien fait pleurer, tout en me marquant. Un très beau film. J’avais regardé American Beauty en cours de philosophie : honnêtement, je n’en ai aucun souvenir ou presque, même si je ne doute pas de ses qualités. Quant à L’oeuvre de Dieu, la part du Diable, il semble ne pas être un classique pour rien…

    Revoir Gladiator et les Harry Potter, serait aussi un beau voyage cinématographique. J’adorais le 1 et 2, j’aimais beaucoup le 5, mais ça fait vraiment longtemps que je les ai vus. Merci encore pour tes découvertes et tes critiques du mois !

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  2. J’ai terminé mon marathon HP et je trouve ton retour ici très intéressant ! Dans l’ensemble, j’apprécie toujours les films de Columbus assez enfantins mais efficaces. Mais il faut avouer que le meilleur de la saga reste celui de Cuaron, qui a su casser avec brio ce côté enfantin présent dans les précédents volets. J’aime bien le 4 mais à côté du livre, il est quand même « vide » et sa photographie est « moche » par rapport aux autres volets de la saga. J’ai énormément de mal avec les épisodes 5 et 6. J’aime pourtant beaucoup le 5e livre mais je ne sais pas comment ils ont fait pour rendre l’histoire à l’écran aussi vide. Bon, le 6, je l’excuse plus, le livre était déjà un épisode de transition. Par contre, pour Yates, j’aime énormément Les Reliques de la Mort, y a en fait tout ce qui manquait dans le 5 et le 6.

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    • Ah, tu as aussi fait un petit marathon HP ! Je vois qu’on a le même avis sur la saga ! Même en n’ayant plus les livres en tête, on sent qu’il manque quelque chose au 4 et surtout aux 5 et 6, oui. Cela dit, j’ai d’autant plus hâte de les « relire ».

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  3. Entièrement d’accord avec ce que tu dis sur les films Harry Potter dans l’ensemble. Le 3 reste mon préféré grâce au travail fabuleux d’Alfonso Cuaron. Je dirai que ceux que j’aime le moins sont le 5 mais surtout le 6, que je n’ai vu qu’une fois et que j’ai trouvé horriblement ennuyeux.

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