Voici le dernier compte rendu du Watching Challenge, abordant les huit derniers films de la liste. Pour rappel, les règles de ce défi se trouvaient ici, et tout a été organisé avec Hauntya.

Un film avec des mauvaises critiques | Last Action Hero (1993)

Cela peut vous étonner mais Last Action Hero fait partie de ces films aujourd’hui cultes, qui ont pourtant fait un bide, au moment de leur sortie. En ce qui me concerne, je regarde ce film depuis ma tendre enfance et il est difficile de m’en lasser. Tout est parfait dans ce film, qu’il s’agisse de l’humour, des répliques taillées sur mesure pour un Arnold en totale auto-dérision, ou encore des méchants de l’histoire, à commencer par un Charles Dance totalement badass. Cela m’étonnerait fort que vous n’ayez pas vu cette pépite de parodie du cinéma d’action, mais si tel n’est pas le cas, foncez. Last Action Hero possède ce charme propre aux années 90, où l’on riait de tout, avec une absurdité néanmoins subtile. Cela n’empêchait pas la comédie de proposer une histoire qui tenait la route, ainsi que des personnages attachants. Pour couronner le tout, je ne me suis aperçu que récemment que « Dream On » apparaissait dans le générique de fin.

Un film que vous avez honte de ne pas avoir encore vu | Le Pianiste (2002)

Le Pianiste fait partie de ces films dont on entend régulièrement parler quand on est élève, puis professeur. Je savais que le film parlait de la Shoah, et j’en avais probablement déjà vu une scène ou deux. Mais en dehors de cela, Le Pianiste faisait partie des films cultes que je n’avais jamais eu l’occasion de voir. Sachez que j’aurais probablement regardé Fight Club, si j’avais pu mettre la main dessus. Tiré d’une histoire vraie, le film raconte la mise en place de la persécution, puis de l’extermination, des familles juives, par le régime nazi ; sous le regard impuissant de Wladyslaw Szpilman (Adrien Brody). Il est certain que le film est instructif, dans la mesure où il retranscrit bien l’atmosphère qui régnait, avant même que la machine infernale ne se renferme totalement sur les juifs. Cela se traduit par quelques scènes dures. En dehors de cela, je dois reconnaître que je n’ai pas été impressionné outre mesure par la mise en scène de Roman Polanski. Qui a dit que les films historiques se devaient d’être si froids ?

Un film du pays dont votre famille est originaire | Mariage à l’italienne (1964)

Je suis d’origine italienne, tant du côté paternel que maternel, et je ne m’en cache pas, bien au contraire. A l’époque, je regardais des épisodes de Dragon Ball Z en italien, et j’ai été assez tôt fan du cinéma de Fellini, et des films avec Mastroianni. Hélas, j’ai énormément perdu en italien, depuis que j’ai arrêté de pratiquer, au lycée, et je vois beaucoup moins de films italiens, actuellement. Cela n’empêche pas le fait que certains long-métrages ont toujours une place privilégiée dans mon cœur. Pour le challenge, j’ai opté pour une comédie avec Marcello Mastroianni et Sophia Loren, qui constituent un couple simplement magnifique à l’écran. Si vous êtes curieux de découvrir le cinéma italien de cette époque, Mariage à l’italienne est probablement l’un des films les plus accessibles. Il retranscrit l’histoire d’un couple qui se déteste et s’adore à la fois, au fil des années. Au rythme de différentes scènes d’amour et de coup bas, les plaisanteries et l’exagération italiennes se diffusent, avec efficacité. La force du film réside sans doute dans le fait que le scénario n’est pas linéaire, et que, chaque scène, aussi légère soit-elle, dénonce les travers politiques et sociologiques de l’Italie d’après-guerre.

Un film d’un genre que vous n’aimez pas, à priori | Crazy Kung Fu (2004)

Sans vouloir manquer de respect auprès des amateurs de cinéma chinois, et d’arts martiaux ; il est très rare que je supporte ce genre de films. Avec peu de conviction, je me suis figuré que cela passerait mieux avec Crazy Kung Fu, qui est une comédie déjantée ; mais je crois que ça a été pire. Si les italiens utilisent l’exagération pour faire rire, je crois que c’est encore pire, venant des asiatiques. J’ai vraiment eu du mal à accrocher et à suivre ce film, où un gang se fait humilier par des maîtres du kung fu, en civil. Tous les codes du genre étaient là, à commencer par la mise en scène des combats exagérée, et Crazy Kung Fu ne m’a malheureusement pas réconcilié avec ce type de cinéma.

Un film avec un acteur/une actrice détesté(e) | Inception (2010)

Ce défi du Watching Challenge m’a quelque peu posé une colle, tout simplement parce que je ne suis pas du genre à détester tel ou tel acteur, même si personne n’est à l’abri de juger un délit de faciès, ou une incompétence drastique. Bien sûr, il y a des comédiens dont la tête ne me revient pas vraiment, dont je n’apprécie pas la filmographie, ou que je trouve mauvais dans certains films, mais de là à leur vouer une haine farouche… Somme toute, j’ai choisi Inception, tout simplement parce que Leonardo Di Caprio me déçoit depuis plusieurs années, enchaînant des rôles où il se prend au sérieux, et où il joue toujours à peu près le même type de personnages : Inception, Shutter Island, Les Infiltrés, etc. Même dans le Loup de Wall Street, et dans Django Unchained, où il joue des personnages plus hauts en couleurs, je n’ai pu m’empêcher de sentir ce sérieux et cette quête (plus si désespérée que cela) d’Oscar. Bien sûr, ce ressenti est purement subjectif et fondé sur rien de concret, et je n’ai même pas vu ses films les plus récents. Mais j’espère que vous voyez à peu près où je veux en venir. J’ai bien fait de choisir Inception, car le casting comporte pas mal d’acteurs avec qui j’ai du mal : Ellen Page, Cillian Murphy, Marion Cotillard… Une fois encore, je ne les déteste pas, mais j’essaie simplement d’argumenter pour expliquer mon choix. Pour en revenir au film, Inception repose sur une idée géniale, car l’univers du rêve lucide est ni plus ni moins fascinant. Associer cette aspect fantasmagorique à quelque chose d’aussi concret que le genre du thriller n’était pas une mauvaise idée non plus. Malheureusement, en dehors de quelques scènes surréalistes et bien trouvées, je trouve le film bien trop terre-à-terre, voire parfois ennuyeux.

Un film ne se déroulant pas sur Terre | Gravity (2013)

Dans la mesure où je ne suis pas non plus très fan de films se déroulant dans l’Espace, ou évoquant des vies extra-terrestres, ce défi n’a pas été très facile à relever non plus. Je me suis dit qu’il serait sympathique d’utiliser un film où on voit régulièrement la Terre, sans pour autant qu’elle soit accessible. Il n’y a pas grand chose à dire au sujet du scénario, si ce n’est que George Clooney et surtout Sandra Bullock se retrouvent bloqués dans l’espace, dans leur tenue de spationaute, avec un espoir infime de s’en sortir. Il s’agit de l’un de ces films un peu déconseillés aux gens claustrophobes. Certes, Gravity est surtout adulé pour son esthétisme et son aspect – parait-il – réaliste, mais une fois encore, je n’ai pas été très impressionné.

Un film dont vous ne connaissez qu’un plan, ou qu’une image, mais qui vous hante | Tron (1982)

Cette entrée du challenge était simple et compliquée à la fois. En 2010, j’avais vu Tron : L’héritage, au cinéma, et j’avais énormément apprécié, certes plus grâce à son esthétisme qu’à son scénario. De plus, Tron est un univers qui apparaît dans la saga Kingdom Hearts, à laquelle j’ai beaucoup joué. J’avais donc acheté le DVD du premier Tron, il y a des années de cela. Voyez-vous, j’en connaissais l’esthétique et la jaquette, mais je n’avais encore jamais pris le temps de le regarder. C’est désormais chose faite et, même si je conçois que Tron avait quelque chose de révolutionnaire au début des années 80 ; je n’ai pu m’empêcher d’être très déçu aujourd’hui. Le film, tant au niveau des effets spéciaux que de l’histoire, a vachement vieilli. Le scénario n’a de toute façon pas grand chose de palpitant, dans la mesure où la question de droits d’auteur du jeu vidéo, prime trop sur la passion qui devrait émaner de cet univers.

Un film qui réunit au moins deux acteurs ayant joué dans la même série | Pixels (2015)

Pixels est une comédie dans laquelle des extra-terrestres décident d’attaquer la Terre, en prenant comme avatars des figures cultes du jeu vidéo rétro. On y retrouve Peter Dinklage, et, dans un rôle plus secondaire, Sean Bean. Il s’agit de deux acteurs ayant joué dans la première saison de Game of Thrones. L’idée de cette comédie est originale et avait tout pour me séduire, hélas, il s’agit de l’une de ces comédies américaines à l’humour gras, avec même des morceaux granuleux dedans. Si Kevin James sort son épingle du jeu, Michelle Monaghan n’est qu’un love interest. Adam Sandler, que j’appréciais pourtant à l’époque, ne se renouvelle pas et utilise toujours le même type de personnage et d’humour, quel que soit le type de films. De plus, autant dire que certaines plaisanteries passent beaucoup moins, en 2015. Quant à Josh Gad, je l’ai trouvé carrément pénible, dans le rôle de ce que le cinéma américain doit penser être un vieux geek puceau et bizarre, à la limite du malsain. Niveau mise en scène, j’ai peiné à retrouver la touche de Chris Columbus, réalisateur des premiers Harry Potter. Bref, ce film a été fait à la va-vite, par des gens qui ne connaissent pas vraiment le monde vidéoludique et qui n’ont pas beaucoup de respect pour lui. Ma critique est très sévère, car, somme toute, le film se révèle divertissant et se laisse regarder jusqu’à la fin ; mais je fais simplement une overdose de ce genre de comédies.

Bilan

Et voilà, ce Watching Challenge de l’année scolaire 2017-2018 est terminé ! Je dois admettre qu’il n’est pas dans mon intention d’en lancer un nouveau, car le défi peut se révéler un peu trop… exigeant au bout d’un an. N’ayant pas été chez moi cet été, je n’ai eu que la fin du mois d’août pour regarder les films manquants, et il était donc un peu fastidieux de devoir choisir des films bien spécifiques. En plus, ils avaient des chances de ne pas me plaire, puisque j’avais gardé pour la fin des entrées un peu plus difficiles à compléter. Par dessus-tout, après un an, je trouve un peu redondant de faire, en fin de mois, à la fois un article sur le challenge cinématographique, et sur l’ensemble des visionnages du mois. Mais rassurez-vous, on a préparé, avec Hauntya, un challenge plus inédit, que l’on vous présentera d’ici peu. Envers et contre tout, je suis loin de regretter d’avoir fait ce Watching Challenge. Il est naturel qu’un défi comporte quelques difficultés, et c’était loin d’être aussi pénible que mes derniers mots ont pu le laisser paraître. Au contraire, cela m’a plus d’une fois incité à sortir de ma zone de confort, et à voir des films que je n’aurais peut-être pas vu autrement. Cela permet vraiment de poser un regard différent sur le cinéma, pendant un an, et de faire des découvertes. En somme, ce genre de défi est vraiment à faire, au moins une fois. Et qui sait ? Peut-être me laisserai-je tenter, un jour, de nouveau.

Publicités