C’est parti pour un deuxième article au sujet du Gaming Challenge. Pour rappel, les règles de ce défi se trouvent ici. Elles ont été écrites avec Hauntya, mais sachez que Tokhrane s’est joint à nous depuis peu. N’hésitez pas à passer sur son blog, tout récent, et souhaitons-lui bonne chance !
Je vais aujourd’hui vous parler d’un jeu qui a été platiné : il s’agit de Spider-Man, sorti sur PS4, en septembre dernier.
Peter Parker est un jeune scientifique, qui travaille pour le docteur Octavius, tout en peinant à joindre les deux bouts. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il mène une vie secrète, dissimulée sous un masque rouge et un emblème d’araignée. Peter Parker est Spider-Man. Celui-ci parvient à mettre fin à l’empire de Wilson Fisk, en l’envoyant derrière les barreaux ; mais sans caïd pour la contrôler, New York devient le terrain de jeu de tous les malfaiteurs de la ville. Or, une menace plus grande encore gronde sur New York. Les démons masqués tentent, sous les ordres de Mister Negative, de semer la terreur sur la ville.

1. Un gameplay très très fun

Spider-Man est un jeu d’action se déroulant dans un monde ouvert. Dès qu’on a la manette en mains, on est frappé par la beauté des graphismes. New York est plus vraie que nature, et n’y a aucune différence entre les cinématiques et les phases de gameplay. Plus incroyable encore, le joueur est immédiatement plongé dans la peau de Spider-Man. Il est jouissif de se balancer de toit en toit, grâce à ses toiles, ou même de grimper la façade d’un building, à la manière d’une araignée.
Les phases de combat ne sont pas en reste. On met un peu de temps à prendre les commandes en mains, mais lorsque c’est le cas, Spider-Man devient insaisissable. Le joueur peut alterner entre de l’infiltration pure, (qui m’a fait penser au gameplay des Arkham), et du bourrinage des familles, d’autant plus que Spider-Man possède plus d’un gadget dans son sac.
Notons qu’il est également possible d’interpréter Marie Jane Watson, et Miles Morales, qui, eux devront se contenter de niveaux d’infiltration parfois assez frustrants.
Pour finir, il est possible de débloquer de nombreuses tenues, possédant des « pouvoirs » différents. L’une d’elle est par exemple inspirée du dernier Avengers, avec les bras mécaniques arachnéens attachés à son dos.

2. Une histoire taillée sur mesure

Concernant l’histoire, je dois admettre qu’elle est assez prenante, et même touchante, dans son développement final. L’intrigue ne sort pas vraiment des sentiers battus, mais du moins est-elle honnête, en proposant des passages tantôt épiques, tantôt humains. En ce sens, j’ai tendance à préférer le scénario de ce Spider-Man, à ceux que l’on nous sert dans les derniers films Marvel.
Il était grisant de (re)découvrir tous les personnages de cet univers, que je connaissais finalement moins que celui de Batman. Norman Osborn, le futur Bouffon vert, est maire de la ville, et, comme dit plus haut, Peter travaille pour le docteur Octavius, sans se douter qu’il deviendra un jour le menaçant Docteur Octopus. On retrouve Tante May, bien sûr, mais aussi de nombreux antagonistes que nous n’avons pas l’habitude de croiser, comme Mister Negative lui-même, mais aussi Scorpion ou le Rhino, pour ne citer qu’eux. Notons que c’était un plaisir d’entendre à la radio, les chroniques de J. Jonah Jameson, le journaliste qui déteste Spider-Man de façon viscérale.
Vous l’aurez sans doute compris, au vu des personnages importants manquants, ou de l’étape où en sont certains : ce Spider-Man semble n’être que la genèse d’une saga à venir. L’intrigue propose de nombreuses pistes de suite, et des possibilités d’évolution, tout en se suffisant à elle-même.
Il me faut aussi saluer l’ambiance globale du jeu, qui, malgré quelques pics dramatiques, est simplement très très fun. Spider-Man n’a évidemment pas le même caractère que Batman et il est appréciable de l’entendre commenter ce qu’il se passe, par le biais de répliques plus ou moins sarcastiques.

3. Des quêtes annexes peu inspirées

Je ne suis pas avare en compliments, pour l’instant. Le jeu est-il donc aussi excellent qu’on le dit ? Et bien, j’aurais tendance à atténuer l’engouement général. Ce titre est loin d’être exempt de limites ou de fragilités.
J’ai remarqué que l’emprunt à différents aspects du RPG est très à la mode, en ce moment, voire que c’est même devenu indispensable. Je m’en réjouis, bien sûr, dans la mesure où il s’agit de mon genre de jeu préféré. Mais n’est pas un pseudo-RPG qui veut !
Je serais de mauvaise foi si je prétendais que le monde ouvert de Spider-Man est raté. Comme je l’ai déjà dit, New York est très réussie, et les différents quartiers, de Harlem à Chinatown, ne manquent pas de quêtes annexes, ni de collectibles. Le problème, c’est qu’il faut constamment aller d’un point à un autre de la carte, pour accepter telle mission, y compris celles de l’intrigue principale. Cela manquait un peu de naturel, et m’a quelque peu sorti de l’histoire, même si c’est le genre qui veut ça.
De plus, même si les quartiers proposent beaucoup de choses à accomplir, elles sont loin d’être toutes intéressantes. Le platine n’était pas si difficile à obtenir mais croyez-le, il faut faire preuve de persévérance.
Aucune mission annexe n’a sorti son épingle du jeu. A mes yeux, elles n’étaient guère plus riches et captivantes que les petits événements de quartiers. Et puis, en dehors de quelques variations, elles se révélaient répétitives.

4. Une aventure plus limitée qu’on ne le croit

Mais je crois que les différents objectifs de quartier étaient pires encore, et du pur remplissage. Spider-Man a, à ce niveau, vraiment préféré la quantité à la qualité. Je sais que c’est le défaut de nombreux jeux, mais il y a possibilité de rendre le monde vivant, de façon plus intéressante. God of War en était un bon exemple, récemment.
Je ne vais pas tout mentionner, mais du moins vais-je vous parler de certains objectifs à accomplir. Il faut sauver les stations de recherche Osborn, en effectuant des missions écologiques, destinées à préserver la faune ou l’environnement. Si l’idée est louable, il y en a beaucoup, et cela peut devenir lassant, au même titre que d’autres objectifs.
Certains personnages secondaires ont été insérés de façon assez artificielle. Par exemple, Black Cat n’intervient pas directement dans le jeu, mais il faut, grosso modo, chercher ses chats en peluche dans toute la ville, simplement pour débloquer une tenue… Les défis de Taskmaster furent plus intéressants, dans la mesure où ils proposaient un gameplay varié : du combat, de l’infiltration ou une course après un drone, par exemple. De plus, ils permettent de mettre la main sur Taskmaster et de l’affronter. Mais une fois encore, il y en a beaucoup et cela devient répétitif et lassant !
Je pourrais aussi parler des recherches de labo, qui étaient des espèces de mini-jeu scientifiques, ou des collectibles purs, comme les photos à prendre, ou les sacs à dos à récupérer, mais à vrai dire, il n’y a pas grand chose à dire à ce sujet.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la quantité astronomique de bases de criminels, et surtout de crimes intervenant dans la ville. Croyez-le, j’ai mis un certain temps pour sécuriser tout New York ! N’oublions pas le trophée « chasseur de pigeons », qui consiste à rattraper tous les pigeons d’un PNJ, après qu’ils se soient enfuis. Il est vrai qu’on a toujours rêvé d’être un super-héros, pour faire ça ! Est-ce de l’auto-dérision ou un sérieux manque d’inspiration, au niveau des quêtes annexes ?
Certes, Spider-Man est d’excellente facture, mais lorsqu’on y joue un certain temps, et qu’on explore véritablement l’univers, on se rend compte quelles sont ses limites, et même ses défauts. Dans l’un des derniers niveaux, lorsque Marie Jane essaie de s’infiltrer chez Norman Osborn, j’ai trouvé les visages des PNJs étonnamment dégueulasses.

Synthèse

Somme toute, je ne contredirai pas ceux qui estiment que Spider-Man est un très bon jeu d’action, qui propose des graphismes, un gameplay et même une intrigue principale, de très bonne facture. Mais c’est loin d’être le chef-d’œuvre que l’on présente sur la toile. Certains mécanismes, et surtout, l’exploitation du monde ouvert, manquent de profondeur, et rendent les quêtes annexes – si du moins on peut les appeler comme telles – aussi répétitives que lassantes.

• GAMEPLAY : 4/6
• DURÉE DE VIE : 1/1
• GRAPHISMES : 2/2
• IMMERSION : 1/2
• SCENARIO : 4/6
• PERSONNAGES : 1/1
• MUSIQUE : 1/2

NOTE FINALE : 14/20

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