Emily Blunt incarne Mary Poppins.

Mary Poppins n’est pas un Disney de ma génération, loin de là. Il n’en demeure pas moins l’un des films qui m’a vu grandir. Enfant, j’adorais le personnage de Bert, sans oublier Mary Poppins bien sûr. Et puis, en grandissant, en découvrant les livres dont c’est inspiré, et surtout le remarquable Saving mister Banks, je me suis aussi identifié à monsieur Banks. Ce ne sont pas les enfants que Mary Poppins vient sauver, mais leurs parents. Dans l’ombre de Mary, sorti en 2014, est l’un des rares films à m’émouvoir à chaque fois que je le revois. Pour l’anecdote, c’est de ce film qu’est tirée la citation qui sert de titre au blog. Vous l’aurez compris, j’attendais Le retour de Mary Poppins au tournant. Verdict ?

L’histoire se déroule des années plus tard puisque Michaël, toujours proche de sa sœur Jeanne, est le père de trois enfants, qui ont malheureusement perdu leur mère. Le vent tourne lorsque les Banks se rendent compte qu’ils risquent de perdre la maison de leur enfance. Alors, Mary Poppins revient vers eux.

Lin-Manuel Miranda dans le rôle de Bert… Heu Jack.

Une impression de déjà-vu

Cette suite se révèle respectueuse du produit original. A vrai dire, peut-être trop. On en ressort avec le même sentiment que lorsqu’on avait vu Star Wars Episode 7. Nous n’avons pas tant vu une suite, mais plutôt un remake déguisé. Bien que les enjeux ne soient pas identiques, force est de constater que le fil rouge de l’histoire, ses personnages types, et ses moindres rebondissements, sont plus ou moins du déjà-vu.
Il est tout naturel que Mary Poppins ne change pas. A ce propos, Emily Blunt s’en sort très honorablement dans le rôle auparavant tenu par Julie Andrews. Je suis resté perplexe face au rôle de Lin-Manuel Miranda, qui incarne Jack, l’allumeur de réverbère. C’est ni plus ni moins un Bert, à qui on a retiré sa casquette de ramoneur, et la douce folie qui le rendait mémorable. Je n’ai guère plus été enthousiasmé par les Michaël (Ben Whishaw) et Jeanne (Emily Mortimer) adultes. La seconde est d’ailleurs particulièrement effacée.
Les seuls seconds rôles à sortir du lot sont – sans surprise – incarnés par Meryl Streep et Colin Firth. Et encore, leurs rôles n’ont rien de révolutionnaire, la première permettant l’escapade chez une connaissance allumée où la maison est sens dessus, dessous ; et le second interprétant le cruel banquier de service. Voilà une suite qui manque cruellement d’inspiration ou de témérité, vous en conviendrez. Et malgré tout, peut-être parce que j’adore son jeu, j’ai été conquis par la prestation de Colin Firth, qui incarne un antagoniste aussi hypocrite que cupide. Le fait qu’il ait un alter-ego dans le monde en porcelaine est à priori une riche idée.

Colin Firth incarne Mr Wilkins, banquier aux dents longues…

Un hommage respectueux

Compte tenu du peu de nouveautés, on aurait pu s’attendre à ce que le film reprenne une voire plusieurs chansons de la première comédie musicale. Il n’en est rien. Tout juste entendra-t-on les musiques cultes, dans un fond sonore instrumental. Est-ce une bonne ou une mauvaise décision ? Je vous laisse en juger. Il est heureux que cette suite ait tenté de se démarquer, par ses propres chansons. Mais force est de constater qu’aucune d’elle ne m’est restée en tête, lorsque je suis sorti du cinéma. Reprendre ne serait-ce qu’une seule chanson du premier film aurait en outre pu éveiller de la nostalgie et de l’émotion chez le public.
Bien que l’on puisse regretter cette fadeur, il faudrait être de mauvaise foi pour dire qu’il s’agit d’une mauvaise suite, et que le film ne vaut pas le détour. Après tout, dans une certaine mesure, ce retour peut être perçu ni plus ni moins comme un hommage au chef-d’œuvre de Disney. Après tout, Dick Van Dyke a un petit rôle, à la fin du film. Et puis, toute l’intrigue autour de Big Ben, durant laquelle les personnages tentent le pari fou de « remonter le temps » est très significative. Pendant l’espace de deux heures, le spectateur est invité à se plonger des années en arrière, dans le monde fantasque de Mary Poppins. Il faut d’ailleurs féliciter la mise en scène de Rob Marshall, qui propose des plans et des couleurs qui dépaysent et rendent rêveur.
Somme toute, même si Le retour de Mary Poppins n’échappe pas au grand mal du siècle, au cinéma ; il n’en demeure pas moins un hommage plaisant.

Les plus

Les moins

La prestation d’Emily Blunt et de certains seconds rôles.

Une mise en scène dépaysante.

Aucune chanson du premier film n’est reprise.

Le sentiment d’avoir vu un remake déguisé.

Aucune chanson du premier film n’est reprise !

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