Les Gardiens de la Galaxie, au complet

Je pense que j’ignorais jusqu’à l’existence des Gardiens de la Galaxie, avant leur arrivée en fanfare, au cinéma. Pourtant, ces héros Marvel sont nés en 1969. Appréciant beaucoup l’univers, il était évident que j’allais me laisser tenter par l’adaptation produite par Telltale, en 2017.

Les propulseurs de Star-Lord proposent (quelquefois) une verticalité dans les décors

1. Telltale, une gloire brève mais intense

Et oui, il y a quelques années, Telltale lançait de nombreux projets, tous issus de licences on ne peut plus populaires. Si cela aurait pu faire rêver, force est de constater que le studio privilégia la quantité à la qualité. Alors que les deux premiers The Walking Dead m’avaient bouleversé, et même s’il existait d’autres jeux d’excellente facture, je n’éprouvais plus la même saveur en jouant à un Telltale. Je finissais pas connaître leurs mécanismes par cœur. Les graphismes n’évoluaient pas, tandis qu’on avait de plus en plus la désagréable impression que nos choix étaient artificiels.
Je noircis le tableau, sans doute, car j’avais toujours foi en Telltale et j’espérais sincèrement que le studio allait changer de « politique », afin de s’améliorer. Il n’en a malheureusement jamais eu le temps. Il a fermé de façon aussi soudaine que rapide, abandonnant tous ses projets ; à l’exception de la saison finale de The Walking Dead, sauvée du naufrage par une autre production.

Prendre parti entre Gamora et Nebula est à ses risques et périls

2. Qu’est-ce que ça raconte ?

Pour en revenir aux Gardiens de la Galaxie, le jeu représente – sans surprise – les points forts et les points faibles jamais corrigés de Telltale.
Il ne semble pas très utile de préciser qu’il s’agit d’une histoire inédite, indépendante des films Marvel. Pendant l’espace de cinq épisodes, le joueur a l’opportunité d’incarner Star-Lord, le leader des Gardiens ; cependant que chaque épisode permet d’interpréter, durant une analepse, un autre membre de l’équipe. Ce procédé nous permet d’en apprendre davantage sur le passé de Gamora et sa sœur Nebula, mais aussi sur Groot, Rocket et mon favori : Drax. Le jeu n’est pas avare en « bon » fan service dans la mesure où nous croisons Yondu, Mantis ou même Thanos. Mais Thanos n’est pas la principale menace de cette aventure. Il s’agit de Hala, une Kree qui souhaite obtenir la Forge de l’éternité, afin de ramener à la vie son peuple, et de semer le chaos dans la galaxie.

« Je s’appelle Groot ? »

3. Bienvenue dans la famille

Ce qui est appréciable, c’est que ce scénario somme toute classique des histoires de super-héros, est presque en toile de fond. Le jeu met l’accent sur les relations entre les Gardiens, qui sont des personnages décomplexés, tantôt drôles, tantôt hantés par leur passé et leurs faiblesses, au point de créer une atmosphère de conflit et de discorde.
Les membres de l’équipe se considèrent comme une famille, mais qui dit famille, dit amour vache ; et il n’est pas toujours facile de garder des relations positives avec tout le monde, ou de prendre une décision qui contentera le plus grand nombre. Cela était d’autant plus délicat que je m’en suis donné à cœur joie, en interprétant un Star-Lord assez sarcastique et irresponsable.

« Say hello to my little friend »… Rocket.

4. Un point and clik rock’n’roll

L’autre point fort du jeu est son dynamisme en terme d’action et de mise en scène. Certes, il s’agit d’un simple point and click ; mais j’ai trouvé les scènes d’action pleines de panache. Pouvoir alterner entre les interventions des différents Gardiens, au rythme d’une bande son on ne peut plus cool, n’y est sans doute pas étranger.

Au vu de ses qualités, ce Telltale est-il donc un sans faute et un coup de cœur ? Outre une mise en scène rafraîchissante, et quelques rebondissements ou dialogues bien trouvés (et parfois très drôles), le jeu doit énormément à l’affection que l’on éprouve déjà pour les Gardiens de la Galaxie. Force est de constater qu’il n’apporte rien de nouveau sous le soleil, en terme de gameplay ou de graphismes.

Drax, ou Kratos… avec quelques neurones en moins

5. Une recette on ne peut plus éculée

Certes, ce sentiment de saturation n’est issu que du fait que j’ai joué à un nombre considérable de Telltale, mais le style esthétique et la direction artistique ne m’ont pas enthousiasmé outre mesure. Et par dessus-tout, bien que, visiblement, certains personnages puissent mourir ; il était rare que je ressente la moindre tension. A vrai dire, j’avais plus l’impression de jouer à une série interactive, proposant des choix sympathiques mais mineurs, que d’avoir entre mes mains le destin de ces personnages, ou de la galaxie. Si l’on compare Telltale à Quantic Dream, le studio fait très pale figure en terme d’embranchements possibles et de conséquences. Ajoutez à cela un jeu qui – quelquefois, sans que cela ne devienne gênant – manque de souplesse et de fluidité et – comme toujours – des sous-titres français parfois bâclés.

Finalement, ce jeu des Gardiens de la Galaxie m’a proposé une bonne dose de fun ; parfois même de l’émotion ; mais les habitudes et les mécanismes de Telltale sont tellement éculés que l’expérience s’est révélée sans surprise, et avec beaucoup moins de saveurs qu’on aurait pu l’espérer.
Si vous aimez Les Gardiens de la Galaxie, je ne peux que vous conseiller cette adaptation de Telltale ; mais de toute évidence, le studio n’avait plus grand chose de neuf à nous montrer, ni à nous raconter.

Les plus

Les moins

Nous retrouvons les Gardiens de la Galaxie, avec plaisir.

Le jeu met l’accent sur les relations entre les Gardiens, au sein d’un scénario assez sympathique.

Des dialogues parfois fort amusants.

Une bande son et des scènes d’action dynamiques.

Les graphismes et les mécanismes sont on ne peut plus éculés.

La sensation que bien des choix sont superficiels et sans réelle conséquence.

Un manque de fluidité et des sous-titres parfois bâclés.

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